Un soldat du Poitou mort pour la France dans la plaine d'Artois

 

Un soldat du Poitou mort pour la France dans la plaine d'Artois

 

En septembre 1914, les Allemands firent un bref passage en Artois et Arras, la ville fut occupée par leurs troupes pendant une grosse semaine puis ils disparurent. Après la fameuse bataille de la Marne et la course à la mer, les Allemands se replièrent de nouveau vers le Nord et voulurent prendre la ville d'Arras. Les Français dans un premier temps (2 batailles d'Artois fin 1914 à la fin 1915) et les Britanniques (mars 1917) vont empêcher les Allemands de prendre la ville (elle ne sera d'ailleurs jamais plus occupée par les soldats du Kaiser).

 Les 3 batailles d'Artois :

 La première du 1er au 26 octobre 1914 ( Français)

 La deuxième du 9 mai à l'automne 1915 ( Français)

 La troisième  de mars et avril 1917. (Britanniques).

 ZouaveDemoysbis.jpg

Le Zouave Félicien Demoys est né le 10 septembre 1880 à Martaizé dans la Vienne canton de Loudun, il était ouvier agricole et il travaillait dans les fermes de la région. Il faisait partie de la classe 1900 du recrutement de Chatellerault, il a le matricule 275. Il avait les yeux bleus et il mesurait 1 m 67. Il fit son service militaire comme deuxième classe au premier régiment de Zouaves (Bataillon de Paris). En 1901, il obtiendra son certificat de bonne conduite, en 1904 il passait dans la réserve. Il se marie en juin 1911 avec Mlle Lagiron Zilda, ils eurent deux filles que Félicien ne connaîta pratiquement pas. Après avoir fait deux périodes dit "d’ exercices" en 1907 et 1910, il sera rappelé sous les drapeaux le premier août 1914 ( A la déclaration de la guerre). Il sera dirigé de nouveau vers le 1er régiment de marche des Zouaves de la 45eme Division d'Infanterie, il est arrivé au corps le 12 août 1914, le 1er régiment va devenir suite à un changement de numérotation du 12 décembre 1914 le 7ème régiment de Marche des Zouaves composé de plusieurs bataillons le 1er- 4ème – 5ème et 11ème.

 

Le 11ème bataillon celui de Félicien Demoys va prendre position au nord d'Arras dans le secteur de Roclincourt du 5 octobre 1914 jusqu'en février 1915. Au cours d'un accrochage avec les soldats allemands, Félicien sera griévement blessé le 6 janvier 1915.

 

TranchéeRoclincourtbis.jpg

Les zouaves dans les tranchées à Roclincourt            Fonds J.M. Girardet.
 

Extrait du livre  "Roclincourt-Ecurie, un verrou du front d'Artois" de Jean Marie Girardet spécialiste de la bataille de Roclincourt:   "Le mercredi 6 janvier 1915: A 6 heures précises, une violente explosion projette des mottes de terre à grande distance. Un groupe d'éclaireurs, sous le commandement du sergent major Prot de la 5e Cie, se précipitent sur l'entonnoir creusé à 5 mètres de la tranchée tandis que d'autres zouaves se lancent dans cette dernière. A en juger par les nombreux coups de feu qui les accueillent, elle est très fortement défendue. Ce sont les hommes du Bataillon Trapet du 7e zouaves qui tentent un coup de main sur l'ancienne tranchée 7. Ne pouvant prendre pied dans l'entonnoir, les assaillants se retirent, le sergent major et les éclaireurs déchargent leurs armes et reviennent en rampant. Pendant ce coup de main, les défenseurs de la tranchée B12 et de sa parallèle avancée ont peine à se maintenir, ils sont âbimés et déchiquétés sous la nappe d'explosifs. Par les sapes, le long du chemin creux, deux colonnes allemandes se lancent à l'assaut et pénètrent dans les lignes. Une contre-attaque des deux compagnies confiées au commandant de Robien réussit pleinement et permet de faire une vingtaine de prisonniers. L'ennemi est refoulé dans ses tranchées, mais le commandant de Robien et le Lieutenant cohen-Solal sont tués."

 

Tranchée07.jpg

L'emplacement de la tranchée 7 à Roclincourt. Aujourd'hui la nature a repris ses droits et a effacé le paysage d'apocalypse de 1915
 

 

Félicien sera griévement blessé au cours de ce coup de mains. il sera transféré à l'ambulance militaire de Houvin Houvigneul N° 3/70 où il décède le 9 janvier, il sera enterré provisoirement dans le cimetière communal du village avant d'être transféré à la nécropole militaire de Neuville-St-Vaast dans le Pas-de-Calais ou il repose au milieu de ses camarades de combat.

 

(Carré 24, rang 6, tombe n°5876).

 

CroixDemoys.jpg

Voulant absolument retouver la tombe de leur aîeul disparu depuis 1915, les petits enfants de Félicien Demoys avaient entrepris des recherches, celles-ci étant infructueuses, ils se sont rapprochés du Souvenir Français d'Arras qui leur a permis de retraçer son parcours militaire et retrouver l'emplacement de sa tombe.



Remerciements et sources : M. et Madame Queneau Albert

                                            M. et Madame Queneau Bernard.

                                            Jean Marie Girardet