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Les combats de Neuville-Vitasse les 3 et 4 octobre 1914. | Souvenir Français Arras

Les combats de Neuville-Vitasse les 3 et 4 octobre 1914.

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                 Combats de Neuville-Vitasse les 3 et 4 octobre 1914

(René Richard, Christophe Guérin et François De Moustier)

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 Les unités engagées.

            Désigner ces unités c’est déjà les honorer, même si toutes ne seront pas nommées au cours de ce combat, et n’y  ont pas eu la même implication. Il s’agit principalement de régiments d’infanterie 25e, 41e, 47e, 70e, 71e et 136e RI, 54e, 60e et 61e BCP, 28e RA.

 Mouvements du 2 octobre, jusqu’au 3 octobre au matin

            Depuis plusieurs jours la lutte est engagée entre les avant-gardes ennemies et nos faibles effectifs. La 19e division évolue dans la plaine ondulée toute la journée du 2 octobre, en contact peu étroit avec l’ennemi. Les unités progressent de Hendecourt-les-Ransart vers Mercatel,  puis vers Neuville-Vitasse, ainsi qu’à l’est et l’ouest du village.  On entend la fusillade sur notre droite, le clocher de Noyelles disparaît sous les obus ; la nuit est noire, percée seulement à l’est par quelques incendies. De temps en temps un coup de fusil  ou une rafale de mitrailleuse claque au loin.

            Le 3 au matin, aube d’une journée terrible, notre ligne, tenue par des chasseurs à pied, des zouaves, passe par Hamelincourt, Noyelle, Saint Martin sous Cojeul ; Hénin est tenu par le 54e bataillon de chasseurs à pied, et, à gauche, Neuville-Vitasse est occupé par le 60e bataillon de chasseurs à pied.  Plus au nord nous n’avons que de la cavalerie.

            L’ennemi occupe ErvillersCroisilles, Fontaines les Croisilles. Ses têtes de colonnes sont signalées vers le nord-est, s’avançant vers Arras .

            Tandis que le 1er bataillon du 41e (commandant Gilquin) est maintenu au nord et à l’ouest de Hénin, pour en renforcer la défense, les 2e (commandant Bernard) et 3e bataillons (commandant Grobert), partant du nord-ouest de Mercatel, doivent, par Neuville-Vitasse et Wancourt, se diriger sur Monchy-le-Preux et s’y établir.

            A 7 h, arrive l’ordre de se porter à l’attaque de Monchy-le-preux, le 3e en première ligne. La direction du centre du bataillon est la chapelle à un kilomètre de Neuville, sur le chemin de Neuville à Beaurains. Le 2e bataillon est en 2e échelon à droite et se dirige vers Neuville, suivi aussitôt d’un bataillon du 70e  (commandant de Tarragon).

  Les obus frappent durement en avant de la route de Beaurains à Neuville qu’il faut franchir. L’ennemi a déjà atteint Wancourt. Il est appuyé par une puissante artillerie qui écrase Neuville et balaye le terrain au nord du village.

Missions et Positions des unités

             Le 3ebataillon franchit la route par bons et par petits groupes, mais est accueilli sur un terrain dénudé par une grêle de balles et un tir effroyable de mitrailleuse, depuis deux meules de paille isolées en plein champ (5 et 6). Il réussit cependant à se réfugier dans un chemin creux qui part du nord-est de Neuville et se dirige vers Tilloy, où il s’arrête alors et se terre, mais engage un violent combat de mousqueterie. Il n’en bougera plus de la journée, repoussant pourtant tous les assauts allemands.

            Le 2e bataillon, à sa droite, s’engouffre dans le village dont les défenseurs ont été réduits à une poignée d’hommes.

Sa 7e compagnie (cne Porquet, slt. Tandé), envoyé en renfort du 3e bataillon, doit marcher sur Wancourt en longeant la lisière nord de Neuville. Elle quitte sa position près du moulin, et progresse vers la route de Beaurains à Neuville, criblée d’éclats et qu’elle doit franchir, pour atteindre au plus vite une briqueterie en construction.

Les 5e (lt Juloux) et 6e compagnies (lt Chollet) filtrent à leur tour vers cette même route, mais le colonel Passaga, commandant la brigade, impatient, lance la 5e compagnie qui, avec une grande bravoure, atteint la corne nord-est du village, où elle est rejointe par la 7e compagnie.

                 La 6e prend position en appui derrière un talus et une haie épaisse  juste au-delà de la route près d’un calvaire et place ses mitrailleuses, alors que la 8e compagnie est engagée au centre du village.

Ce sont les positions des unités vers midi le 3 octobre alors qu’elles ont déjà subi des pertes importantes depuis le matin, au moment où vont s’engager de violents combats dans le village.

 Le poste de commandement du colonel Passaga est près du moulin de Neuville.

Vers midi également la 8e compagnie, avec le capitaine Rougé, avait reçu du colonel Passaga, au milieu de la fusillade et du fracas des obus, pendant que notre artillerie tire sur la route Arras Cambrai, la mission spéciale de traverser Neuville, de se placer face à l’est, marcher sur Wancourt, et, s’il est attaqué, de se cramponner au terrain, sur un large front  et d’attirer à lui le plus d’Allemands possible pour faciliter la progression sur Monchy-le-Preux qui est l’objectif du régiment 

Les combats pour Neuville vont commencer

            Les Allemands ayant abordé la corne Nord-est du village, l’ordre est donné, vers une heure d’avancer. Les 7e, puis 5e compagnies s’élancent, à la baïonnette, contre l’ennemi qui occupe les premières maisons du village.

            Une section qui avait bondi en tête de la  5e est accueillie par un feu terrible de l’ennemi, invisible, qui tire par-dessus une tranchée occupée par le 136e RI qu’il est impossible d’atteindre en raison de la violence du feu. La 7e et le 5e ont atteint deux meules de paille qui se dressent en plein champ (1et 2).

            Le caporal Klenschi, de St Malo,  assure avec grand courage la liaison  entre ces compagnies et le commandant du bataillon (Bernard), en passant à plusieurs reprises au milieu de la mitraille.

            C’est une mission semblable qu’accomplit, bien que blessé dès la sortie de l’abri, le soldat Guilloux (6e compagnie), qui doit porter un ordre au capitaine Mouton (3e bataillon).

            La 8e compagnie, pour accomplir sa mission spéciale, doit d’abord traverser Neuville très bombardée, sans perdre trop de monde, et se recoller au sud est face à Wancourt. Il faut passer par section, à intervalle de 4 à 5 minutes. Mais un marmitage effroyable dès que débouche cette infanterie. Au centre du village, c’est un véritable tonnerre, des pans de mur s’écroulent, tout autour, les toitures volent en éclats, le chemin est couvert de débris, les fils téléphoniques tombés à terre et enchevêtrés rendent la circulation très pénible.

Vers 4 heures les Allemands lancent une violente attaque, mais sont anéantis, dans la plaine à l’ouest du village, par le tir de nos mitrailleuses de la 6e compagnie.

Mais, sur Neuville même, Les obus sifflent de tous côtés, les toitures du village sont détruites. Il est clair que l’ennemi veut rendre la position intenable avant de se ruer sur le village dont il a abordé effectivement la  corne nord-est et occupé les premières maisons. Mais plus aucun Allemand ne paraît à gauche, face au 3e bataillon sous les feux de nos mitrailleuses.

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La bataille se concentre alors sur Neuville-Vitasse

C’est le moment de contre attaquer ; ce que font les 8e et 6e compagnies entraînées par la sonnerie de la charge, pendants que  la 7e compagnie, attaque de flanc les maisons occupées par l’ennemi, en perdant plusieurs hommes, mais faisant tout de même quatre prisonniers bavarois.

La position des 5e et 7e compagnies étant alors très risquée,  le commandant Bernard réunit les éléments qui leurs restent et les rassemble sur la lisière nord, à hauteur du milieu, du village.

Le combat est acharné. De quelques maisons qu’ils ont réussi à occuper à l’ouest du village, les Allemands, bien  à l’abri tirent de la droite en enfilade sur le 3e bataillon qui s’était abrité dans le chemin creux et qui riposte aussitôt. La fusillade dure près de trois heures entre ce bataillon et les premières maisons, jusqu’à la tombée de la nuit, où un calme relatif se produit, permettant aux blessés qui peuvent marcher de rejoindre les poste de secours.

Nous avons vu le 1er peloton de la 8e compagnie arrêté dans sa progression, mais il faut avancer : au moment d’engager le 2e peloton, celui-ci se heurte à de nombreux chasseurs à pied qui refluent. Les Allemands viennent de s’emparer de la barricade élevée par le 60e Chasseur et des maisons voisines, (barricade face au nord à hauteur de l’actuelle rue de Pourchain et du Bois de la Vigne).

 Le colonel Passaga ordonne alors une contre-attaque au capitaine Rougé qui dispose encore d’une centaine d’hommes. Un clairon arrive pour sonner la charge ; tout est prêt.

Au commandement : «  baïonnette au canon », celle-ci sortent du fourreau.

 Sous les éclats d’obus, entre les maisons dont plusieurs brûlent déjà, la troupe s’élance ; la sonnerie de la charge entraîne les hommes qui courent tête baissée, pendant que les tuiles, les vitres, les placards de plâtre tombent de tous côtés.

 Au passage, nos hommes voient une chose stupéfiante : dans un café dont la toiture est enlevée, le cabaretier est en train de ranger tranquillement les tabourets sous les tables, pendant qu’à quelques mètres on va s’entre tuer à la baïonnette.

Les compagnies se sont élancées dans la rue nord-ouest, sud-est du village. Les hommes de la 6e compagnie enfilent la rue de l’église, fermée à l’autre extrémité par la barricade. Ils sont accueillis par un feu d’enfer. Les balles sifflent ricochent, tuent ou blessent de nombreux soldats. Mais le clairon sonne toujours. La bravoure de cet homme est admirable et digne des plus grands héros (personne ne peut se rappeler son nom). Avec une furie extraordinaire, nos bretons s’élancent vers la barricade. Un blessé du 60e bataillon de chasseurs passe à côté du sergent Kérouas ; il s’arrête au milieu de cette fournaise : « Allez-y les gars, tapez dedans ; qu’il n’en reste pas un seul ». Cet homme est extraordinaire sang froid ; il regarde le combat, puis repart du pas le plus tranquille du monde, sans être atteint par aucune balle.

Lutte terrible devant la barricade

            Cependant la charge progresse ; on va s’emparer de la barricade ; mais brusquement une mitrailleuse se démasque : il n’y a plus rien à faire. Un flot de nos hommes se précipite dans l’église, mais ils en ressortent aussitôt, entraînés dans un corps à corps terrible avec les Allemands qui l’occupaient ; ils se replient derrière une mare, à l’abri d’un mur de pierres. A coups de révolver, ils sortent de ce guêpier, traversent la rue au galop, et vont se reformer dans une ruelle étroite qui s’ouvre en face de l’église, puis rejoignent leur position primitive derrière la haie que la 6e compagnie tient encore.

            Pendant ce combat, près de l’église, le reste de la troupe de la 8e compagnie continue sa route tout droit, longe au galop le grand mur de l’usine qui marque l’extrémité sud-est de Neuville, pour arriver au bout avant les Allemands.

             La fusillade s’engage avec ceux qui se sont déjà infiltrés sur notre droite. La défense s’organise à ce nouveau carrefour dont une maison sert de réduit. Les obus tombent sur l’usine qu’il faut évacuer car il y a des réservoirs d’essence dont l’explosion serait terrible. La ligne de défense  s’installe entrer le Moulin de Neuville et le 1er bataillon encore face à Hénin.

             La nuit tombe lentement ; un calme relatif s’établit. On peut s’occuper des blessés, se reposer et se nourrir un peu. Ceux qui peuvent marcher rejoignent Mercatel où sont les postes de secours des régiments qui ont participé aux combats de Neuville, postes vers lesquels l’itinéraire est fléché; les médecins et les équipes de brancardiers parcourent le terrain pour relever les blessés qui ne peuvent venir d’eux-mêmes, dès qu’une accalmie se produit, car le bombardement a repris et atteint son maximum.

            Mais ce pauvre village de Neuville a été transformé en fournaise toute la journée par l’artillerie. On se compte, on se réorganise rapidement ; les incendies continuent à rougeoyer tout autour de notre horizon : a 500 mètres de nous Neuville n’est qu’un immense brasier.

 La situation le 3 au soir.

Au centre les Allemands occupent la partie centrale du village, dont nous tenons les extrémités est et ouest. A la corne nord est, une section de la 5e, avec une compagnie du 70e et une fraction du 60e chasseur, occupe encore un groupe de maisons.

A droite le 1er bataillon occupe des tranchées le long de la route Hénin Neuville.

Pendant que les hommes se reforment et mangent rapidement, les Allemands préparent une nouvelle attaque plus terrible que la veille.

Celle-ci aura lieu à la pointe du jour, attaque furieuse contre laquelle le régiment a résisté avec acharnement, s’accrochant au terrain avec l’énergie de l’héroïsme, perdant les deux tiers de ses effectifs et presque tous ses officiers.

Ce n’est que lorsqu’il n’est plus resté qu’une poignée d’hommes par compagnie que la ligne a cédé et qu’a commencé la retraite à travers un terrain à peine ondulé qui sépare la ligne Hénin-Neuville de Mercatel. Voici comment cela s’est passé pour les bataillons :

*Les reste du 3e bataillon si éprouvé par les combats furieux de la veille se sont repliés au niveau de la route Neuville-Beaurains. Les 300 hommes s’installent dans l’encaissement de la route qui monte vers le village. Un calme relatif se produit jusque vers 2 heures du matin.

  Devant le 2e bataillon, celui qui a combattu à l’intérieur même de Neuville, une partie de la 5e compagnie, avec le lieutenant Juloux, est isolée à la corne nord est du village dans un groupe de maisons.  La compagnie du 70e qui était avec eux a réussi à se dégager. La moitié de l’effectif du bataillon est à terre. Les Allemands ont progressé sur la gauche du bataillon, où l’on entend l’ennemi creuser des tranchées. La fusillade crépite dans l’obscurité. Dans ce fracas apparaît un cuisinier, qui mérite une mention toute spéciale ; son nom est Chartier, engagé volontaire malgré ses 42 ans.IL arrive au milieu des balles, portant deux seaux de « jus pour les copains », plus inquiet du sort de son café que du sien.

  Avec le 1er bataillon, celui de Hénin, la première partie de la nuit est calme ; quelques fusillades seulement. On place quelques postes de sentinelles et on établit des patrouilles, car les sections sont morcelées, à 40 mètres les unes des autres.

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Première attaque à l’aube du 4 octobre

  Vers 2 heures le premier assaut de l’ennemi se produit contre le front tenu par les 2e et 3e bataillons. Les Allemands progressent en rampant, passant à côté de nos blessés restés sur le terrain.

Nos hommes les attendent de pied ferme depuis le fossé de la route et les tirent à bout portant pendant que les mitrailleuses du sergent Marchand balayent le terrain par un tir fauchant.

  L’attaque allemande se précise devant Neuville. Notre artillerie commence à tirer dans l’obscurité. Les Allemands ouvrent une fusillade terrible, nos positions sont sûrement débordées par la gauche ; en quelques instant le feu a envahi toutes la ligne ; c’est sûrement l’attaque générale de l’ennemi en très grande forces, sur nos positions que nous n’avons pas encore organisées avec soins. Cette attaque en masse, à la faveur de la nuit devait nous obliger à nous replier, malgré les prodiges d’héroïsme déployés.

Les sergents Kerouas et  Fougeray voient leur demi-section fondre à vue d’œil. Le commandant Bernard a été blessé à 4h30, passant le commandement de la ligne au sous-lieutenant Lanta qui disparaît à son tour. Le colonel Delmas, près de la route en train de donner ses ordres est frappé d’une balle. Les balles sifflent dans toutes les directions ; nos mitrailleuses tirant sans arrêt dans l’obscurité au raz du sol empêchent l’ennemi de déboucher de ses tranchées. Mais les mitrailleurs tombent ; bientôt il n’en reste plus qu’une qui s’enraye à son tour.

  Devant le 3e bataillon, vers 3h30 l’attaque reprend avec furie. Malgré leur énorme supériorité numérique les Allemands sont tenus  en échec par une poignée d’hommes. Ils n’avancent plus que poussés par leurs chefs ; quand l’un d’entres eux tombe, ses hommes fuient dans toutes les directions. Le bataillon tient le coup malgré les pertes. Un renfort assurerait le succès, mais ce sont les munitions qui viennent à manquer. Le 60e chasseur en envois mille. C’est peu, mais il faut tenir et la poignée d’hommes diminue.

  Contre le 1er bataillon, devant Hénin, les Allemands ont surpris une de nos tranchées pendant la distribution des vivres, coupant la compagnie en deux. Les Allemands sont là, à quelques mètres, près à attaquer en nombre. Le lieutenant Landormy alerte les autres sections avec ordre de se replier au sud-ouest vers Mercatel.  Elles ont recueillies sur une seconde tranchée du 71e RI qui fait solidement front, mais se fait déborder par son flanc  gauche. Le jour commence à poindre ; on voit de nombreux groupes qui battent en retraite précipitamment. Les Allemands ont réussi à défoncer par surprise toute la ligne du 1er bataillon.

 On les arrête cependant avant Mercatel.  Le capitaine Jobbé-Duval, avec le lieutenant Landormy, rassemblent un fort groupe d’hommes de toutes les compagnies et s’installent dans un fossé en avant de Mercatel avec l’intention de résister jusqu’au bout. Effectivement les Allemands sont contenus. La retraite s’achève. On se replie, derrière la 20e division qui assure désormais la défense de la ligne.

  Il est 5h30, le 3e bataillon résiste encore, mais il n’y a plus de cartouches. Le commandant Grobert crie alors : « Allons les enfants, en avant, à la baïonnette ». La poignée d’homme franchit le talus de la route ; l’élan est furieux. L’ennemi déjà chancelant, sentant qu’il ne fera rien contre ces hommes, tourne casaque et fuit à nouveau.

Il est 6 heures, ette dernière bataille est gagnée, mais maintenant c’est fini. A droite le 2e bataillon a dû se replier un peu ; plus loin les chasseurs luttent désespérément.

  A la mort du colonel Delmas, le commandant Grober a pris le commandement du régiment. L’ordre de retraite, donné par le général commandant la division, est transmis par le commandant du bataillon de chasseurs (lt-colonel Bordeaux). Le sergent Mercier, avec la moitié des survivants  du 3e bataillon, protège le mouvement de la seconde moitié vers l’ouest de Mercatel. A 7h30, par petits groupes, harcelés par l’ennemi qui s’aperçoit de la retraite, le mouvement commence. A 8h30 le mouvement est terminé, la ligne est évacuée, avec l’appui des mitrailleuses du  bataillon dont les hommes, aidés du sergent Tual, sauvent tout leur matériel, après l’avoir arraché des mains des Allemands.

Le 2e bataillon se replie quelques instants après le 3e et le 1er, prêtant ainsi ses eux flancs aux attaques ennemies. On se replie en grandes difficultés, par échelons, menacés plusieurs fois d’être dépassé par l’ennemi, qui parfois effectue des tirs de flancs qui obligent à se poster en équerre pour faire face à deux directions en même temps.

Enfin voici Mercatel ; à ce niveau une deuxième ligne de défense va arrêter les Allemands pendant la journée.

Au soir du 4octobre – Les restes du régiment se sont rassemblés sur la voie ferrée, au nord du passage à niveau de Ficheux, face à Mercatel et assistent à la destruction de ce village, dans lequel ils ont cantonné il ya quelques jours.

 Il n’y a plus autour du drapeau que 650 hommes.

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