100ème anniversaire de la Bataille de Verdun

 Arras, Cours de Verdun.

Le dimanche 6 mars 2016

Borne de la voie sacrée.

 

Les membres du Comité d'Arras du Souvenir Français se sont rendus ce dimanche 6 mars auprès de la Borne de la voie sacrée cours de Verdun à Arras pour commémorer le 100ème anniversaire de la Bataille de Verdun.

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 Discours du Président Xavier Deneuvile sur le 33e RI ( Régiment d'Arras) ayant combattu à Verdun (Texte d' Emmanuel Riche).

Le 33e RI d’Arras en avant de VERDUN – Février / Mars 1916

21 février 1916 7h00 du matin, une pluie de fer et de feu s’abat sur les positions françaises de la rive droite de la Meuse qui ceinturent et protègent la ville de Verdun. Ce bombardement, baptisé « Trommelfeuer » par les Allemands , hache, déchiquète, laboure tout sur son passage. C’est le prélude d’une bataille qui va durer 300 jours et 300 nuits et faire plus de 700000 victimes (tués, blessés et portés disparus).

La bataille de Verdun commence donc par un bombardement de 10 heures sans interruption. Les fantassins allemands qui attendent l’heure H (17h00) pour monter à l’assaut s’attendent à ne trouver devant eux que des tas de ruines encore fumantes où plus une âme ne vit. Le bois des Caures, tenu par les chasseurs à pied du Lieutenant-colonel Driant, est l’un des premiers objectifs de cette fin d’après-midi. Malgré le déluge d’obus, les survivants des 56e et 59e BCP vont s’opposer à l’ennemi et le retarder dans son inexorable avance. Dans les bois de Wavrille et d'Herbebois, le 233e RI (le régiment de réserve du 33e) résiste lui aussi avec bravoure. Les jours suivants, les Allemands gagnent encore du terrain et s’enfoncent plus profondément dans les lignes françaises capturant les villages de Beaumont, Ornes, Louvemont et Bezonvaux puis le 25 février l’imposant fort de Douaumont, désarmé par Joffre et tenu seulement par quelques soldats. La chute du fort a un retentissement international. L’ennemi crie Victoire et les Français crient au loup dans la bergerie ! Si les Allemands continuent ainsi, Verdun sera bientôt pris et la route vers Paris une nouvelle fois ouverte !

C’est dans ce contexte si particulier que le 33e RI d'Arras est rapidement transporté le 26 février depuis l’Aisne vers Verdun. Les Artésiens vont alors cantonner quelques heures dans la caserne Miribel, située à deux pas du faubourg pavé. Encore quelques heures de calme pour les hommes avant la tempête !

Pendant que certains fourbissent leurs armes, d’autres en profitent pour écrire à leur famille. Ce sera peut être la dernière lettre !

Puis, c’est la montée en avant de Verdun sur l’arrière immédiat de la ligne de front. Là, le 33e réalise sous les feux de l’artillerie ennemie des travaux d’aménagement et de consolidation des lignes de soutien au cas où le front viendrait à céder une nouvelle fois.

Le 1er mars, le 33e monte cette fois-ci en première ligne  pour relever le 110e RI de Dunkerque!

Un seul objectif : Tenir le village de Douaumont. Un seul mot d’ordre : « Ils ne doivent pas passer ! ».

Le lieutenant colonel Boud'hors, commandant du 33e RI, envoie immédiatement en mission de reconnaissance le capitaine de Gaulle (10e Cie du 3e bataillon) pour en connaître un peu plus sur la situation du front et les positions que devront occupés les bataillons de son régiment. Un premier constat peut être fait : il n’existe aucune tranchée organisée comme dans l’Aisne mais uniquement des trous d’obus reliés entre eux par des boyaux peu profonds et hâtivement creusés !

Le 3e bataillon occupe le village tandis que le 1er bataillon s’installe à gauche du dispositif faisant la liaison avec le 146e RI de Nancy. Côté droit face au fort de Douaumont, une trouée béante, signalée par le capitaine de Gaulle, sépare le 3e bataillon du 33e RI des zouaves qui tiennent une ligne de front au sud du fort. Les poilus du 33e sont dans une position très délicate et à la merci d’un ennemi qui peut traverser à tout moment ce « no man’s land » et prendre à revers les arrières des 2 bataillons du régiment. C’est malheureusement ce scénario qui va se dérouler le lendemain!

Le 2 mars dès 6h30 du matin, le trommelfeuer de l’artillerie lourde allemande reprend de plus belle et s’acharne sur Douaumont et ses environs. Le bombardement est si dru qu’il est impossible de ne pas être touché par des éclats d’obus ! toute sortie à découvert est mortelle pour qui en tente une ! la mort règne partout !

Puis en début d’après-midi, appuyés de lance-flammes et à coups de grenades, les troupes d’assaut allemandes attaquent le côté nord du village en subissant une résistance opiniâtre de la part du 3e bataillon. Encore une fois, les obus n’ont pas tout détruit sur leur passage et des survivants à l’apocalypse font face ! finalement, le coup de grâce va venir du côté du fort de Douaumont où les troupes d’assaut allemandes vont emprunter la fameuse trouée et venir prendre à revers les arrières du 33e RI. C’en est fini de la résistance des Artésiens à Verdun !

Dans la nuit du 5 au 6 mars après 4 jours en première ligne, le régiment est relevé. Le bilan humain est lourd : 32 officiers, 1442 sous-officiers et hommes de troupe tués, blessés ou disparus!

 

 

 

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